Vous travaillez dans l’industrie métallurgique ou envisagez de rejoindre ce secteur ? La grille salaire métallurgie en 2026 et 2027 constitue un repère essentiel pour vérifier votre rémunération, préparer un entretien d’embauche ou négocier une évolution professionnelle.
Depuis le 1er janvier 2024, la branche applique une convention collective nationale unique, identifiée sous le numéro IDCC 3248. Les anciennes grilles territoriales et la distinction historique entre ouvriers, techniciens, agents de maîtrise, ingénieurs et cadres ont laissé place à un système commun fondé sur la classification réelle de l’emploi.
Pour 2026, les montants officiels sont connus. Ils ont été fixés par l’avenant du 20 février 2026. Pour 2027, aucun nouveau barème distinct n’était encore publié au 13 juillet 2026. Voici donc ce qu’il faut retenir sans confondre montants officiels et estimations.

Quelle est la grille des salaires de la métallurgie en 2026 ?
La grille 2026 fixe un salaire minimum hiérarchique annuel brut pour chacune des 18 classes d’emplois de la métallurgie.
Les montants ci-dessous s’appliquent à un salarié travaillant 35 heures par semaine, sur une base mensualisée de 151,66 heures. Les équivalents mensuels sont donnés à titre indicatif en divisant le minimum annuel par douze.
| Groupe | Classe | Minimum annuel brut 2026 | Équivalent mensuel brut |
| A | 1 | 21 980 € | 1 831,67 € |
| A | 2 | 22 100 € | 1 841,67 € |
| B | 3 | 22 710 € | 1 892,50 € |
| B | 4 | 23 620 € | 1 968,33 € |
| C | 5 | 24 510 € | 2 042,50 € |
| C | 6 | 25 780 € | 2 148,33 € |
| D | 7 | 26 680 € | 2 223,33 € |
| D | 8 | 28 700 € | 2 391,67 € |
| E | 9 | 30 760 € | 2 563,33 € |
| E | 10 | 33 970 € | 2 830,83 € |
| F | 11 | 35 200 € | 2 933,33 € |
| F | 12 | 37 000 € | 3 083,33 € |
| G | 13 | 40 350 € | 3 362,50 € |
| G | 14 | 44 250 € | 3 687,50 € |
| H | 15 | 47 380 € | 3 948,33 € |
| H | 16 | 52 370 € | 4 364,17 € |
| I | 17 | 59 720 € | 4 976,67 € |
| I | 18 | 68 450 € | 5 704,17 € |
Ces valeurs proviennent de l’avenant du 20 février 2026 publié sur Légifrance. Elles correspondent à des minima : une entreprise peut parfaitement proposer une rémunération supérieure selon l’expérience du candidat, les compétences recherchées, les responsabilités exercées ou les accords internes.
Attention également au SMIC. L’employeur doit toujours appliquer le montant le plus favorable entre le minimum conventionnel et le salaire minimum légal en vigueur.
Quel salaire minimum pour un salarié au forfait ?
La durée du travail modifie le minimum applicable. La convention collective prévoit notamment une majoration pour les salariés soumis à certaines conventions de forfait annuel.
| Groupe | Classe | Base 35 heures | Minimum majoré de 15 % | Minimum majoré de 30 % |
| A | 1 | 21 980 € | 25 277 € | 28 574 € |
| A | 2 | 22 100 € | 25 415 € | 28 730 € |
| B | 3 | 22 710 € | 26 117 € | 29 523 € |
| B | 4 | 23 620 € | 27 163 € | 30 706 € |
| C | 5 | 24 510 € | 28 187 € | 31 863 € |
| C | 6 | 25 780 € | 29 647 € | 33 514 € |
| D | 7 | 26 680 € | 30 682 € | 34 684 € |
| D | 8 | 28 700 € | 33 005 € | 37 310 € |
| E | 9 | 30 760 € | 35 374 € | 39 988 € |
| E | 10 | 33 970 € | 39 066 € | 44 161 € |
| F | 11 | 35 200 € | 40 480 € | 45 760 € |
| F | 12 | 37 000 € | 42 550 € | 48 100 € |
| G | 13 | 40 350 € | 46 403 € | 52 455 € |
| G | 14 | 44 250 € | 50 888 € | 57 525 € |
| H | 15 | 47 380 € | 54 487 € | 61 594 € |
| H | 16 | 52 370 € | 60 226 € | 68 081 € |
| I | 17 | 59 720 € | 68 678 € | 77 636 € |
| I | 18 | 68 450 € | 78 718 € | 88 985 € |
La majoration de 30 % concerne notamment les salariés soumis à une convention de forfait en jours sur l’année. Les salariés au forfait annuel en heures peuvent relever d’une majoration de 15 % ou de 30 % selon leur durée moyenne de travail.
Il ne suffit donc pas de regarder la colonne « base 35 heures ». Le contrat de travail et l’organisation effective du temps de travail doivent aussi être pris en compte.
Comment connaître son groupe et sa classe d’emploi ?
La classification ne dépend pas uniquement du diplôme, de l’ancienneté ou du titre inscrit sur le contrat de travail. Elle repose avant tout sur le contenu réel de l’emploi occupé.
Chaque poste est évalué à partir de six critères :
- la complexité de l’activité ;
- les connaissances nécessaires ;
- l’autonomie ;
- la contribution aux résultats ;
- l’encadrement ou la coopération ;
- la communication.
Chaque critère reçoit un nombre de points. Leur addition produit une cotation comprise entre 6 et 60, laquelle détermine ensuite une classe et un groupe d’emplois allant de A à I.
La convention regroupe ainsi les cotations dans 18 classes. Par exemple, les cotations 37 à 39 correspondent à la classe 11 du groupe F, tandis que les cotations 58 à 60 relèvent de la classe 18 du groupe I. Le détail de cette correspondance figure dans l’article 62.1 de la convention collective.
Votre classement doit normalement apparaître sur votre bulletin de salaire. L’employeur doit également pouvoir communiquer la fiche descriptive de l’emploi et expliquer le degré retenu pour chaque critère.
Deux salariés portant le même intitulé de poste peuvent donc relever de classes différentes si leurs responsabilités, leur autonomie ou la complexité de leurs missions ne sont pas identiques.
Quelle grille pour les débutants du groupe F ?
Une grille particulière s’applique pendant les six premières années d’expérience professionnelle à certains salariés débutants occupant un emploi classé F11 ou F12.
Classe F11
| Expérience professionnelle | Base 35 heures | Majoration de 15 % | Majoration de 30 % |
| Moins de 2 ans | 28 430 € | 32 695 € | 36 959 € |
| De 2 ans à moins de 4 ans | 29 852 € | 34 329 € | 38 807 € |
| De 4 ans à 6 ans | 32 240 € | 37 076 € | 41 912 € |
Classe F12
| Expérience professionnelle | Base 35 heures | Majoration de 15 % | Majoration de 30 % |
| Moins de 2 ans | 29 940 € | 34 431 € | 38 922 € |
| De 2 ans à moins de 4 ans | 31 437 € | 36 153 € | 40 868 € |
| De 4 ans à 6 ans | 33 952 € | 39 045 € | 44 138 € |
L’expérience déjà acquise dans une autre entreprise peut compter lorsqu’elle a permis de développer des compétences en rapport avec la fonction occupée. Le terme « débutant » ne signifie donc pas automatiquement « nouvellement embauché dans l’entreprise ».
Après six années d’expérience professionnelle, le salarié concerné bascule vers le montant normal de la classe F11 ou F12.
La grille 2027 de la métallurgie est-elle déjà disponible ?
Au 13 juillet 2026, aucun avenant fixant une grille spécifique pour 2027 n’a encore été publié. Il serait donc trompeur d’annoncer dès maintenant une augmentation précise ou de diffuser une grille 2027 présentée comme officielle.
La convention collective prévoit que les partenaires sociaux se réunissent au plus tard à la fin du premier trimestre de chaque année afin de déterminer les salaires minima applicables à l’année en cours. Cette règle figure dans l’article 138 de la convention collective de la métallurgie.
En pratique, trois situations sont possibles pour 2027 :
- un nouvel accord revalorise tout ou partie des minima ;
- un accord modifie certains montants afin de préserver la cohérence de la grille ;
- aucun nouveau barème n’est immédiatement conclu et la grille en vigueur continue de servir de référence jusqu’à son remplacement.
La grille 2026 doit donc être utilisée comme base connue, mais elle ne doit pas être rebaptisée « grille 2027 » sans publication d’un nouvel accord. Cet article devra être actualisé dès qu’un avenant 2027 aura été signé, puis éventuellement étendu.
Quels éléments de salaire sont comparés au minimum conventionnel ?
Le salaire minimum hiérarchique n’est pas nécessairement comparé au seul salaire de base mensuel. La convention retient, en principe, les éléments bruts de rémunération versés en contrepartie ou à l’occasion du travail, y compris certains avantages en nature.
Plusieurs sommes sont toutefois exclues de la vérification, notamment :
- la prime d’ancienneté prévue par la convention ;
- les majorations pour travaux pénibles, dangereux ou insalubres ;
- certaines contreparties liées à des conditions particulières de travail ;
- les primes exceptionnelles et bénévoles ;
- l’intéressement et la participation ;
- l’abondement de l’employeur à un plan d’épargne salariale ;
- les remboursements de frais professionnels.
Le détail est donné par l’article 140 de la convention collective.
La comparaison s’effectue sur une année civile complète. En cas d’embauche, de départ, d’absence non assimilée à du temps de travail effectif ou de changement de classification en cours d’année, le minimum doit être adapté au prorata de la période concernée.
Que faire si votre salaire est inférieur au minimum ?
Commencez par vérifier quatre informations :
- le numéro IDCC indiqué sur votre bulletin de paie ;
- votre groupe et votre classe d’emploi ;
- votre durée de travail ou votre convention de forfait ;
- les éléments de rémunération inclus ou exclus de la comparaison.
Comparez ensuite votre rémunération brute annuelle avec le minimum correspondant à votre situation. Pour un salarié au forfait jours, utilisez bien la colonne majorée de 30 %.
Si un écart subsiste, vous pouvez demander une explication au service des ressources humaines ou à votre employeur. Formulez cette demande par écrit en précisant votre classement, le minimum applicable et la rémunération perçue.
Vous pouvez également vous rapprocher du comité social et économique, d’un représentant syndical, d’un service de renseignements en droit du travail ou d’un professionnel du droit. Une erreur de classification peut parfois expliquer un salaire apparemment conforme à la grille, mais insuffisant au regard des missions réellement exercées.
La grille garantit-elle une augmentation individuelle ?
Pas automatiquement. Une revalorisation du minimum conventionnel n’entraîne pas nécessairement une hausse pour tous les salariés.
Si votre rémunération reste supérieure au nouveau minimum applicable, l’employeur n’est pas systématiquement obligé de l’augmenter, sauf disposition plus favorable prévue par un accord d’entreprise, un engagement contractuel ou un autre texte applicable.
En revanche, si votre rémunération devient inférieure au minimum correspondant à votre classe et à votre durée de travail, l’employeur doit procéder à une régularisation.
La progression professionnelle peut aussi passer par une réévaluation de votre classement. Lorsque vos missions gagnent durablement en autonomie, en complexité ou en responsabilité, il est pertinent de demander si la cotation de votre emploi correspond encore à la réalité.
Comment améliorer son salaire dans la métallurgie ?
La grille fixe un plancher, pas un plafond. Pour négocier au-dessus du minimum, appuyez-vous sur des éléments concrets :
- une certification technique nouvellement obtenue ;
- la maîtrise d’une machine, d’un logiciel ou d’un procédé recherché ;
- des responsabilités d’encadrement ;
- une plus grande autonomie ;
- la résolution de problèmes complexes ;
- la participation à des projets d’amélioration continue ;
- des compétences en maintenance, automatisation, robotique ou qualité ;
- la capacité à former de nouveaux collaborateurs.
La formation professionnelle peut donc jouer un rôle direct dans l’évolution salariale. Elle permet d’acquérir des compétences rares, d’accéder à un poste plus exigeant et, lorsque les missions changent réellement, de justifier une nouvelle classification.
Ce qu’il faut retenir sur les salaires de la métallurgie en 2026 et 2027
La grille salaire métallurgie en 2026 et 2027 repose sur 18 classes d’emplois réparties entre les groupes A et I. En 2026, le minimum annuel brut à 35 heures s’étend de 21 980 euros en classe A1 à 68 450 euros en classe I18.
Les salariés au forfait peuvent bénéficier d’un minimum majoré de 15 % ou de 30 %. Un barème particulier s’applique également aux salariés débutants des classes F11 et F12 pendant leurs six premières années d’expérience professionnelle.
Pour 2027, aucun montant distinct n’est encore officiel au 13 juillet 2026. Toute grille annonçant dès maintenant des chiffres précis pour cette année doit donc être considérée avec prudence. La bonne méthode consiste à partir du barème 2026, puis à vérifier la publication d’un nouvel avenant avant d’effectuer une comparaison ou une négociation salariale.